Depuis un an, l’UFR de médecine Paris Centre d’Université de Paris a mis en place la pédagogie PBL (Problem-based learning) ou apprentissage par la résolution de problèmes, au sein d’un parcours d’initiation proposé aux étudiants de 2e année. Une méthode qui leur permet de travailler en autonomie sur des études de cas cliniques et de se former à la réalité du terrain.

 

Qu’est-ce que la pédagogie PBL ?

Apparue en 1969 dans une université canadienne (McMaster), cette méthode a pour objectif de développer le jugement, de mettre en commun des compétences pour trouver une solution, de discuter et de mettre en place une action. Pour mettre en place le PBL à l’UFR, l’équipe, à l’initiative du projet, composée d’Elizabeth Macintyre et Serge Romana, enseignants ainsi qu’ Eve Jablon, ingénieur pédagogique, a initié un partenariat avec la Faculté de Santé de l’Université de Maastricht, NL, qui pratique cette méthode depuis de nombreuses années et qui a pu former certains des enseignants de l’UFR.

Concrètement, les étudiants, répartis en petits groupes, se voient confier une étude de cas clinique. Pour le résoudre, ils se répartissent les recherches, ont parfois des cours sur le sujet et mettent en commun quelques jours plus tard, l’ensemble de leur travail, questions et découvertes.

Pour fluidifier ce travail d’équipe, un étudiant est désigné « animateur » et se charge de distribuer la parole, de coordonner les interactions. Un autre étudiant est le « rapporteur » et a pour mission de prendre des notes durant les deux sessions du cas/problème. Un tuteur/facilatateur est également présent pour orienter si besoin les étudiants et débloquer des situations, mais sans intervenir en tant qu’enseignant.

À la fin de cette phase de recherche, les groupes se réunissent pour donner le résultat de leurs recherches et lister les questions qu’ils souhaitent poser à un ou plusieurs experts sur le cas étudié. À la fin de la session, les 4 groupes se réunissent pour échanger avec un enseignant-expert, à qui ils posent des questions. Cette partie a été ajouté aux méthodes de Maastricht afin de pallier de la non-synchronisation des cours et sessions PBL, mais également comme aperçu/vitrine d’une démarche innovatrice pour nos enseignants.

Pourquoi choisir la méthode PBL ?

Selon Elizabeth Macintyre, PU-PH à l’UFR de médecine, à l’initiative des cours de pédagogie PBL à l’UFR, cette méthode permet « d’apprendre autrement, de responsabiliser les étudiants et de les aider à devenir maîtres de leur apprentissage, en autonomie. »

Développée aujourd’hui en 2e année de médecine, cette méthode permet un enseignement pluridisciplinaire sur la croissance et le développement ainsi que la digestion et la défense. « C’est une véritable alternative aux enseignements dirigés (ED) que nous souhaitons ouvrir prochainement en 3e année ».

Qu’en pensent les étudiants ?

Après 11 séances de 3 heures, réparties sur un semestre, les étudiants ont pu faire le bilan de cette méthode.

Lucie Rocquin, étudiante en 2e année, a choisi le parcours PBL « pour apprendre à travailler comme dans un staff à l’hôpital ». En effet, le travail d’équipe, la mise en commun des données et l’écoute des autres membres de l’équipe font partie intégrante du travail de médecin sur le terrain. Cependant, ce travail n’est pas toujours facile « parfois nous ne sommes pas d’accord mais nous prenons en compte toutes les idées et cela nous permet ensuite de définir les questions que nous posons aux experts. », nous indique Lucie.  Elle ajoute que PBL « est également un bon moyen d’apprendre à faire des recherches en autonomie, via PubMed par exemple. »

Pour Maylis Liduena, également en 2e année, PBL lui a permis de mobiliser les connaissances acquises et de les relier entre elles, d’approfondir les sujets et de découvrir une véritable dynamique de groupe : « Dans le groupe, nous ne sommes pas tous à l’aise à l’oral mais la force du travail d’ équipe, nous a permis de nous tirer vers le haut et de devenir chacun de plus en plus performant dans cet exercice. »

Pour les deux étudiantes, PBL est un véritable complément aux cours en amphithéâtre, « c’est un travail de groupe, humain, qui éveille la curiosité et fait réfléchir différemment, de manière structurée et en équipe. »

Il ne fait aucun doute, que les étudiants qui ont fait l’expérience de la pédagogie PBL cette année, souhaitent prolonger l’expérience l’année suivante !